Marc Lebreton, le dernier menuisier d'art de Vertou
Dans son atelier de la vallée de la Sèvre, il restaure depuis trente ans des pièces que les industriels ne savent plus faire. Conversation sur le geste, le bois et la transmission.
Photo : Marie CaillaudOn accède à l'atelier de Marc Lebreton par un chemin de terre qui s'enfonce dans la vallée de la Sèvre. Une grange du XVIIIᵉ, un toit à deux pentes, l'odeur du chêne fraîchement raboté. Il a 64 ans, en paraît dix de moins, et restaure depuis trente ans des pièces que les industriels ne savent plus faire.
Un métier à contre-courant
Formé chez les Compagnons du Devoir à Angers en 1980, Marc Lebreton s'est installé à Vertou en 1995, dans un atelier qu'il a remonté pierre par pierre. Il travaille seul, à la commande, sans site internet. Le carnet de commandes est rempli pour dix-huit mois.
« Le bois ne ment pas. C'est lui qui décide ce qu'il acceptera de devenir, pas moi. »— Marc Lebreton, menuisier d'art
Trois apprentis, trente ans
Il a formé trois apprentis depuis 2010 — deux sont aujourd'hui établis à Nantes, le troisième en Bretagne. Tous travaillent en solo, comme lui. « Le métier ne peut pas se faire à plus que ça. Au-delà, on devient gestionnaire, pas menuisier. »
Ce qu'il refuse
Pas de panneaux composites. Pas de placage. Pas de cuisines équipées. Il restaure, fabrique des escaliers, des bibliothèques, des bureaux, et restaure le mobilier ancien des familles nantaises. Le tarif horaire — 78 € — n'a pas bougé depuis cinq ans.
Signé
Élise Marchand
Publié le 2 avril 2026


